4e dimanche Temps Ordinaire

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 1-12a)

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

Lien vers Eglise catholique de France

 

Quel programme !

En cette période de campagne en vue des élections municipales, les candidats rivalisent par leurs propositions afin de séduire ou au moins susciter l’adhésion des citoyens pour leur vote à venir. L’exercice est régulier à chaque fin de mandat ou nouvelle échéance. Les sortants font un bilan élogieux de leur action et les opposants tirent à boulet rouge… On aurait tendance à se placer en spectateurs alors que nous sommes les premiers acteurs de cette vie en société.
Avec l’évangile des Béatitudes (Mt 5, 1-12a), Jésus se lance dans la bataille mais avec de curieux arguments de campagne. Pas de promesses illusoires, pas de paroles qui font rêver, une liste d’annonces à faire frémir les plus courageux : le bonheur à venir ne serait accessible qu’en passant d’abord par la souffrance, la tristesse, les larmes et le deuil. Jésus n’observe pas vraiment les règles du bon candidat susceptible d’obtenir l’enthousiasme des foules et du corps électoral. Ce n’est pas son ambition.
En débutant son ministère, il emploie un langage de vérité non pour séduire mais pour éveiller, non pour charmer mais pour provoquer une prise de conscience. C’est pourquoi, le Christ nous stimule et nous pousse à voir loin, au-delà de la situation présente. La perspective qu’il pointe s’ouvre vers un horizon qui dépasse notre quotidien. Ne serait-ce pas la meilleure façon de dessiner un avenir plus radieux ? de
nous pousser à la conversion ?
Il est facile d’imaginer que cela ne s’opèrera pas sans peine. Le Christ est explicite quant aux exigences qui pèseront sur nous. Le contraste est grand entre l’évocation de tout ce qui peut nous affliger et la mention par Jésus du bonheur qui en découlera. Sa vision dépasse la vue que nous avons sur la notre aujourd’hui. Les Béatitudes deviennent une source de renouveau et d’espérance.

P. Vincent Cabanac, aa, curé