L’amitié selon Saint Augustin (16 juin 2026)
une seule âme tournée vers le Seigneur
Texte distribué : Conférence du P. Iulian Danca, aa
Extraits
« en cette seizième année de mon âge […] la volupté commença à dominer tyranniquement sur moi » ; «Mon cœur était tout brûlant, tout bouillant et tout écumant d’impudicité : il se répandait, il se débordait, il se fondait en débauches» (Confessions II, 2)
« J’étais adolescent ;je brûlais d’ardeur et de passion pour me rassasier des voluptés basses et terrestres » (II, 1) « les chaleurs ardentes de la jeunesse me transportèrent tellement hors de moi-même que je vous abandonnais, Seigneur, pour suivre l’impétuosité de mes inclinaisons vicieuses » (II, 2)
« Je vins à Carthage, et partout autour de moi bouillait à gros bouillons la chaudière des amours honteuses ; (..). Comme j’aimais à aimer, je cherchais un objet à mon amour, j’avais horreur de la paix d’une voie sans embûches ( ..) Aimé et être aimé m’était (donc) bien plus doux, quand je jouissais du corps de l’objet aimé. » (III, 1)
« quand on eut arraché de mon flanc, comme un obstacle à mon mariage, la femme qui était ma maîtresse, mon coeur où elle était attachée en fut blessé et déchiré, et traîna longtemps sa plaie sanglante » (VI, 15).
« Vous savez comment a défini l’amitié celui qu’on a appelé le plus éloquent des Romains : l’amitié est une douce et affectueuse conformité de sentiments sur les choses divines et humaines» (Lettre 258)
« car il n’y a de véritable amitié que celle dont vous [Seigneur] formez le lien entre personnes unies à vous par ‘cette charité que répand en nos cœurs l’Esprit-Saint qui nous a été donné’ (Rm 5,5) » (Confessions IV, 4)
«La douleur que j’en ressentis enténébra mon cœur. Tout ce que je voyais n’était que mort. La patrie m’était un supplice, la maison paternelle un lieu d’étrange infortune. Tout ce que j’avais mis en commun avec lui, sans lui se changeait en un cruel tourment. Mes yeux le demandaient partout, et il leur était refusé. Tout m’était odieux, car tout était vide de lui, et rien ne pouvait plus me dire : ‘Voilà qu’il va venir I, comme de son vivant, quand il s’absentait» (Confessions IV, 4 — à la mort de l’ami inconnu)
Sur Alypius : «Quiconque nous connaît l’un et l’autre trouve que nous ne sommes deux que de corps, tant il y a entre lui et moi un même esprit, une union et une amitié parfaites ! Nous sommes un en toutes choses, excepté en mérite, car il en a beaucoup plus que moi» (Lettre28)
«Et maintenant il vit ‘dans le sein d’Abraham’. Il vit là, mon cher Nébridius, mon doux ami, d’affranchi devenu votre fils adoptif; Seigneur : c’est là qu’il vit. 0uel autre séjour conviendrait à une telle âme ? Il vit en ce lieu, sur lequel il m’interrogeait si souvent, moi, homme misérable et ignorant. Il n’approche plus son oreille de ma bouche ; il approche sa bouche spirituelle de votre source, et avidement il s’abreuve, tant qu’il peut, de votre sagesse, dans un bonheur sans fin. Mais je ne crois pas qu’il m’oublie dans cette ivresse, puisque vous, Seigneur, source où il s’enivre, vous vous souvenez de moi » (Confessions, IX,4 — sur son ami Nébridius).
«Bienheureux celui qui t’aime toi, et son ami en toi, et son ennemi à cause de toi » (IV,9)
«Il n’est de vraie amitié que celle que tu cimentes entre des êtres unis entre eux grâce à la charité répandue dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donne. Ainsi, on aime son ami en Dieu et son ennemi à cause de Dieu, dans les deux cas, on aime en relation avec Dieu» (IV, 4).
« après avoir lu cette lettre (…), allez par la pensée jusqu’au plus prend de mon coeur, et voyez ce qui s’y passe pour vous; le sanctuaire de la charité s’ouvrira à l’œil de la charité; c’est ce sanctuaire que nous fermons aux bruyantes frivolités du monde quand nous y adorons Dieu; c’est là que vous verrez toutes les douceurs de ma joie pour une œuvre aussi bonne que la vôtre; je ne puis ni les dire avec la langue ni les exprimer en vous écrivant; chaudes et brûlantes, elles se confondent avec le sacrifice de louanges que j’offre à Celui par l’inspiration de qui vous avez pu le faire. Dieu soit loué de son ineffable don» (Lettre à Pammachius 58,2).
