Église Sainte Thérèse

voir les vitrauxL’église de Ste Thérèse a été construite grâce au zèle du Père Régis Sérine, assomptionniste, curé fondateur. L’église offre des aperçus artistiques intéressants, en particulier les mosaïques (baptistère, chemin de Croix) et un ensemble de vitraux retraçant la vie de Sainte Thérèse de Lisieux. Elle est inscrite à l’inventaire des Monuments historiques. (voir les vitraux en détail)

Sainte Thérèse de Lisieux est fêtée le premier dimanche d’octobre (voir fête des 75 ans !)

Un peu d’histoire….

Même s’il n’est pas facile de déterminer l’origine précise de la fondation d’une paroisse, on peut dégager certains facteurs qui aboutissent à cette création.

LES FACTEURS DÉMOGRAPHIQUES 

Augmentation lente de la population de la fin du XIX ème au début du XX ème (*). La ville se partageait en huit paroisses. Cependant la croissance se dessine :

  • le chemin de fer amenait déjà une expansion au-delà de la gare.
  • Les nouveaux axes routiers sont peu à peu bordés de constructions qui vont au-delà de Gambetta et du Peyrou. Mais pour l’essentiel, le territoire qui s’étend de Montpellier à Celleneuve garde un aspect campagnard.
  • Cependant, au début du XXème siècles, quelques beaux immeubles sont édifiés au départ du boulevard. des Arceaux et de l’avenue d’Assas, ainsi que des villas dans les rues adjacentes.
  • Il faut ajouter, l’exode rural et le développement administratif de la ville, ainsi que l’expansion des pôles médicaux et universitaires.

La conjonction de ces facteurs fait germer l’idée d’une nouvelle paroisse dans ce quartier.

(*) quelques chiffres sur la démographie de Mtp:
1840 – 40746 habitants ; 1851 – 45811 hab ; 1896 – 73931 hab ;
1921 – 81548 habitants ; 1936 – 90787 hab.

LE PROJET DE MONSEIGNEUR MIGNEN

  • Le 12 juin 1928, s’appuyant sur les réalisations obtenues par le R.P. LHANDE en région parisienne, Mgr. Mignen expose ses projets de futures paroisses à créer dans la banlieue de Montpellier.
    La piété populaire est tournée, à cette époque vers les figures féminines de la sainteté .
    La Sainte de Lisieux est l’objet d’un culte depuis sa mort en 1897. 
    A Montpellier, son culte officiel suit de près sa canonisation, le 7 mai 1925.
  • Les religieux de l’Assomption responsables de la nouvelle paroisse : la communauté assomptionniste est installée depuis 1910 à Mtp.
    Sous l’impulsion du Père d’Alzon, les prêtres assomptionnistes se consacrèrent d’abord à l’enseignement, puis ils prirent diverses initiatives.

UN PRÊTRE ENTREPRENANT : LE PÈRE RÉGIS SÉRINE.

Il souhaitait que la nouvelle paroisse fut confiée aux assomptionnistes mais trois années ( 1928 – 1931) furent nécessaires. Restait à trouver le terrain ; après maintes tractations, ce n’est qu’au début de 1929, que fut décidé l’achat d’une parcelle au milieu de l’avenue d’Assas.

Le coût élevé de la construction amena cependant quelques réserves. Mais le Père Régis vint à bout de toutes les réticences. A l’évocation de Thérèse de Lisieux, survint la guérison miraculeuse le 14 juin 1929, d’une jeune fille qui résidait près de l’avenue d’Assas. Cet événement conforte ses convictions.

Enfin, l’ordonnance du 27/09/31 institue la paroisse de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

L’ÉDIFICATION DE L’ÉGLISE

Chapelle provisoire et presbytère sont terminés en 1931.

Le choix d’un style pour l’église est influencé par l’exemple de la basilique de Lisieux. Le père Régis opta pour le style néo-byzantin ou romano-byzantin.

Les travaux furent confiés à Julien BOUDES, architecte expérimenté, aidé de ses deux fils, et à Paul-Joseph GUSTAVE, entrepreneur confirmé.

Le choix du matériau se pose alors ; pierre ou béton ?

Le P. Régis choisira la pierre, matériau noble.

Mais le coût est considérable : 6 millions de francs* et le double pour terminer.

Le P. Régis se tourne alors vers la générosité des fidèles et crée une revue « la semeuse de rose » qui paraîtra pendant 40 ans, pour aider au financement. Cette revue témoigne de l’avancée des travaux mais elle est aussi un éveil à la foi.

* soit 9 millions 480 000 euros aujourd’hui.

LES ÉTAPES DE LA CONSTRUCTION 

Le dimanche 22 mai 1932 a lieu la bénédiction de la première pierre.

Le 26 juillet 1932 débutent les fondations.

Mais les événements de 1936 compliquent l’avancée des travaux.

1938 voit l’achèvement du chœur mais le début de la guerre en 1939 ralentit l’édification.

En 1941 apparaît la première série de vitraux et en 1942, toutes les mosaïques sont achevées.

La bénédiction et l’inauguration de l’église Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus à Montpellier ont lieu du 5 au 8 novembre 1942.

Puis se déroulent alors une série d’acquisitions et d’aménagement intérieurs :

  • Cinq cloches équipent le clocher ( pour les cinq filles de Zélie et Louis Martin ).
  • Le 9 mai 1947, elles sont bénies à Mtp.
  • En mars 1944, c’est la réception des vitraux de la verrière, en pur style art déco.
  • Enfin, l’orgue est acquis en 1943 et inauguré en 1949.

DESCRIPTION ET DÉCORATION INTÉRIEURE

La pierre choisie pour la construction est la pierre des Estailles (sud-est d’Avignon).

La toiture est couverte des ardoises bleues d’Angers.

Le plan se caractérise par des travées qui s’élèvent jusqu’au point culminant, la coupole (25m. de hauteur) couronnée par une croix posée suivant l’axe longitudinal de l’église. Le clocher, qui culmine à 50m. de hauteur, présente lui, une croix orientée suivant l’axe oriental ; ainsi, le visiteur voit toujours une croix en face de lui.

La statue monumentale de la sainte est sculptée sur place par Maître GUÉRY ; elle se détache en relief et rompt la verticalité de la façade. Celle-ci est séparée

de l’avenue d’Assas par des grilles en fer massif ouvragé, munies d’un double portail.

Ce qui frappe à l’intérieur, dès l’abord, c’est la visibilité totale du chœur et de l’autel.

(le maître autel d’origine n’existe plus). La nef est parfaitement dégagée grâce à l’architecture des arcs croisés qui n’alourdissent pas les lignes.

Les autels latéraux sont dédiés, l’un à la Vierge Marie, l’autre à Sainte Thérèse. Sous cet autel a été aménagé  »la châsse » avec le gisant de la sainte.

Des autels plus petits sont dédiés, l’un en entrant, à Saint Joseph et les cinq autres, dans les absidioles autour du chœur, à St Augustin, Ste Monique, St Antoine de Padoue, Ste Jeanne d’Arc et au Sacré Cœur.

Le baptistère, comporte une cuve octogonale dressée sur une colonne. Une mosaïque figure le baptême de Jésus par Saint Jean Baptiste.

Le chemin de croix en mosaïque se développe sur 50 mètres. Il est souligné par un texte ininterrompu tiré de la Passion.

Les vitraux (voir les vitraux en détail) ; tous les moments de la journée sont propices pour contempler les jeux de lumière mais c’est au soleil couchant que leur beauté est surtout mise en valeur.

La ferronnerie, confiée aux entrepreneurs de Montpellier, met à l’honneur la rose de la Sainte comme motif décoratif (sauf pour l’autel de Marie).

Le dallage est en pierre marbrière dure.

Le chauffage par le sol et l’éclairage, très étudié, ainsi que la sonorisation, témoignent de techniques modernes.

L’orgue : voir doc.orange.

L’église Sainte Thérèse est inscrite à l’inventaire des monuments historiques.

Sources : Histoire de la paroisse par Serge BOUQUIER & Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de 1931 à 1997.