12e dimanche du Temps Ordinaire

Évangile (Mt 10, 26-33)

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

– Acclamons la Parole de Dieu. 

Ne pas tuer l’âme

Le langage de la vérité éloigne ses locuteurs de toute obscurité et de tout obscurantisme. Le Seigneur convie chacun à mesurer la vraie portée des propos prononcés et des sentiments qu’ils véhiculent. Déjà, le prophète Jérémie connaissait la puissance de Dieu : « Seigneur de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste, toi qui vois les reins et les cœurs » (Jr 20, 12). En effet, le regard divin perce toutes les armures et pénètre au cœur même de notre être. Cette conscience ne doit pas nous effrayer : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps » (Mt 10, 28). Voilà un grave avertissement.
Alors que les repères sont mélangés, voire brisés, que l’individualisme et le seul exercice de notre liberté constituent des boussoles pour notre société, il convient de se référer à une véritable boussole spirituelle et morale : le Christ ! La violence s’exerce en maints endroits de notre terre, tant sur les champs de bataille que dans nos villes et nos campagnes, jusque dans nos propres maisons, avec les abus et l’inceste, sans oublier de pénétrer dans d’autres lieux qui devraient en être épargnés comme les hôpitaux et maisons de retraite où l’euthanasie, c’est-à-dire une mise à mort, sera proposée.
Les chrétiens doivent résister surtout quand « le monde traverse une profonde crise spirituelle et culturelle, qui se manifeste par de multiples formes de violence, de polarisation et de méfiance réciproque » (Léon XIV au parlement espagnol, 8 juin 2026).
Le Christ se révèle le seul vrai guide : « Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits » (Mt 10, 27).
Par sa parole, Jésus vient dissiper ce qui est obscur et brumeux pour nous ouvrir à la clarté et à la vraie lumière. L’âme subsiste même dans les plus grandes difficultés si elle ne s’éloigne pas de Dieu.

P. Vincent Cabanac, aa, Curé

Être au monde

Au cours des siècles d’histoire de l’Église, nous, chrétiens, avons vécu dans toutes sortes de sociétés, traversant les changements des cultures que nous avons partagées et contribué à façonner. Il y a un texte ancien, qui s’appelle la Lettre à Diognète, qui nous offre à ce sujet une belle intuition : « Les chrétiens sont au monde ce que l’âme est au corps » (VI). Telle est notre manière de vivre : les disciples de Jésus sont toujours contemporains, mais jamais prisonniers du temps qui passe. Nous sommes libres en Christ ! Et le Christ nous a libérés par son amour. Grâce à cet amour, nous sommes toujours libres face à toute contrainte et à toute tromperie. Nous sommes libres des modes, car nous sommes disciples de la vérité ; nous sommes ouverts à l’avenir, car nous savons que la mort ne nous attend pas. Au contraire, le sens de l’histoire culmine dans la communion éternelle de vie que Dieu prépare pour tous. Dans cette perspective, vous surtout, les jeunes, êtes appelés à donner une nouvelle orientation à la société, en devenant les protagonistes du changement à partir de vos liens quotidiens, de ce que vous vivez en famille, à l’université et au travail.
En vous voyant, chers jeunes, pleins de cet enthousiasme motivé par la foi, je me réjouis de penser à votre capacité à témoigner du Christ dans le monde, y compris dans la réalité numérique, pour communiquer les valeurs et la beauté de l’Évangile (cf. Christus vivit, n. 105 ; Salutation aux missionnaires numériques, 29 juillet 2025).

Pape Léon XIV, veillée avec les jeunes, Madrid 6 juin 2026