3e dimanche Temps Ordinaire

Ce dimanche est le « Dimanche de la Parole de Dieu » institué par le pape François en 2013 ; une décision faisant suite à une assemblée des évêques sur la Parole de Dieu en 2008 et surtout au concile Vatican II (1962-1965) dans un de ses principaux documents, Dei Verbum – « Parole de Dieu ». D’une part, « les paroles de Dieu, passant par les langues humaines, sont devenues semblables au langage des hommes, de même que jadis le Verbe du Père éternel, ayant pris l’infirmité de notre chair, est devenu semblable aux hommes. »

Lien vers la feuille paroissiale du 25 janvier 2026

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (4, 12-23)

Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations ! Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée. À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »
Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent.
Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

Le double appel

Jésus n’est pas indifférent au sort de Jean le Baptiste dont l’arrestation prélude à son sacrifice pour ne pas plaire aux puissants du moment. Le Christ inaugure sa mission d’évangélisation par un double appel. Le premier est général et s’adresse à tous : « convertissez-vous, car le royaume des cieux est tout proche » (Mt 4, 17). Jésus a ainsi fait écho aux injonctions du précurseur dont il a pris la suite. Mais ses fortes paroles d’orientation de notre existence sont liées à un appel personnel qu’il a lancé à ses premiers apôtres. L’évangile nous rapporte leurs prénoms, leurs liens familiaux et même leur métier. Ils quittent alors tout pour suivre le Christ qui les enseignait en proclamant l’Evangile du Royaume et en guérissant.
Nous voilà à la croisée des chemins pour nous poser, à l’égal des apôtres, deux questions essentielles : quelle conversion nous est demandée ? A quel appel doit-on répondre ?
Ne croyons pas trop rapidement que ces interpellations ne nous concerneraient pas ! Pour être le plus à même de suivre le Christ, il est absolument nécessaire d’accueillir ce double appel. Chacun a sa place dans la communauté vivante quelle que soit la date de notre entrée dans l’Eglise, depuis l’enfance ou à un âge adulte, il y a longtemps ou tout récemment. Laissons-nous pêcher par le Christ. Il vient nous cueillir là où nous sommes enracinés. Mais il nous faut aussi accueillir l’appel à la conversion. Devant le chantier qui peut nous paraître gigantesque au point de dépasser nos forces, nous pouvons prier ainsi :

« Seigneur, accorde-nous la sérénité d’accepter les choses que nous ne pouvons changer, le courage de changer celles que nous pouvons, et la sagesse d’en connaître la différence ».
(St Augustin, Sermon 311, 8)

P. Vincent Cabanac, aa, curé