Pentecôte

Évangile (Jn 20, 19-23)

C’était après la mort de Jésus ; le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

L’Esprit vient mettre le feu 

Ici, comme ailleurs en France, on annonce le retour de la canicule ou au moins d’une vague de hautes températures. Il convient de s’y préparer et de savoir anticiper pour se prémunir de ce qui est présenté comme un risque. Outre les prévisions météorologiques, une annonce distincte doit aussi nous toucher. A la fête de la Pentecôte, nos communautés et l’ensemble de l’Eglise vont s’embraser. Le texte des Actes des Apôtres (2, 1-11) commence d’ailleurs par une description des éléments naturels : bruit dans le ciel et vent violent ! Surgissent alors des langues de feu… Elles ne viennent pas incendier mais allumer une flamme spirituelle en chaque être, rempli de l’Esprit Saint. Le signe audible sera l’expression de la foule en de multiples langues tout en se comprenant. L’énumération de la grande variété des origines accentue le côté miraculeux et conduit à la « stupéfaction et à l’émerveillement ».
Avons-nous conscience de cet événement extraordinaire et fondateur que la Pentecôte représente pour l’Eglise ? Le Christ est apparu ressuscité, il a été élevé au ciel et son ultime promesse se manifeste par le don de l’Esprit Saint, du Défenseur dont les premiers chrétiens vont avoir tant besoin. Les persécutions vont conduire pendant des siècles et même aujourd’hui des chrétiens jusqu’au martyre pour témoigner de leur foi en réponse à l’appel du Seigneur : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 19, 22). Le don de l’Esprit Saint manifeste l’appel à l’unité dans la diversité, à la concorde face aux divisions, à la paix face à la guerre et à la violence. Ce feu qui tombe sur nous comme une pluie de grâces n’endommage et ne ruine rien. Au contraire, il vient aviver la flamme de l’espérance et de l’amour dont notre monde a tant besoin. N’ayons pas peur de devenir des porteurs de ce feu spirituel, des témoins du Christ et des relais de sa charité pour toute l’humanité. 

P. Vincent Cabanac, aa, Curé

L’envoi de l’Esprit

Quand le Seigneur donna à ses disciples le pouvoir de régénérer les hommes en Dieu, il leur dit : Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
C’est cet Esprit dont il a promis par les prophètes l’effusion dans les temps derniers, sur les serviteurs et les servantes, afin qu’ils prophétisent. Voilà pourquoi l’Esprit est descendu dans le Fils de Dieu, devenu le fils de
l’homme, pour s’habituer avec lui à habiter le genre humain, à reposer parmi les hommes, à habiter l’œuvre de Dieu, pour opérer en ces hommes la volonté du Père, et les renouveler de leur désuétude dans la nouveauté du Christ.
C’est l’Esprit, au dire de Luc, qui est descendu après l’Ascension du Seigneur sur les Apôtres à la Pentecôte, et qui a pouvoir sur tous les peuples pour les introduire à la vie et leur ouvrir la nouvelle Alliance.
C’est pourquoi, s’unissant à toutes les langues, ils chantaient une hymne à Dieu. L’Esprit ramenait à l’unité toutes les races éloignées, et offrait au Père les prémices de tous les peuples. 

 (Saint Irénée, Traité contre les hérésies)