Le Saint Sacrement du corps et du sang du Christ
Évangile ((Jn 6, 51-58)
En ce temps-là, Jésus disait aux foules des Juifs : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. » Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »
– Acclamons la Parole de Dieu.
Avons-nous faim de Dieu ?
Dans la succession des dimanches, voici que celui-ci oriente tout un chacun vers le vrai mystère de la célébration dominicale ordinaire qui fait participer à l’eucharistie. On y vient avec habitude et curiosité. Mais la question principale demeure : y vient-on avec appétit et avec soif ? Prenons-nous conscience que quelque chose nous manque et que cela va être comblé par un don du Seigneur ?
En instituant la Cène, le Seigneur est parti d’une réalité humaine et religieuse, la Pâque juive, signe de la libération d’Egypte et annonce d’atteindre la Terre promise. Mais cette commémoration s’est considérablement élargie car le Christ n’a pas seulement partagé le pain azyme mais il s’est donné lui-même dans son corps et dans son sang. Sa passion sur la croix en est la manifestation la plus claire. Cependant, après sa résurrection l’eucharistie est devenue le message universel et plénier de ce que le Seigneur offre à l’humanité. Le don perdure, le don absolu de lui-même continue et nous communions à ce que Dieu nous offre. Cela exige de notre part un accueil de ce que le Seigneur donne et au préalable cela demande de laisser croître en nous une faim et une soif spirituelles. Comment désirer et rechercher ce qui ne nous manquerait pas ?
Cette première sensation intérieure nous pousse à rechercher la pleine communion avec le Christ par l’écoute de sa parole, par l’imitation de ses gestes et engagements et surtout par la réception du Corps et du Sang du Christ. Adorer le Christ en son Saint-Sacrement, ce n’est pas idolâtrer une matérialité de Dieu. C’est reconnaître le don humble et fragile de celui qui n’a pas refusé la mort sur la Croix pour donner la vie à l’humanité. Communier au Corps du Christ c’est chercher à combler une faim qui nous pousse à accueillir le Seigneur en nous pour ensuite le partager et en témoigner tout autour de nous.
P. Vincent Cabanac, aa, Curé
Prière Prière de saint Jean-Paul II pour la fête Dieu
Nous voulons commémorer la présence de Dieu qui a conduit son peuple à travers le désert jusqu’à la Terre promise. Surtout, nous voulons proclamer que le Christ dans l’Eucharistie guide l’Église et chacun de nous sur le Chemin qu’il est lui-même, le Chemin qui conduit au Père.
Notre cheminement avec lui n’a-t-il pas pour but d’aller vers Dieu ? C’est seulement par Jésus, qui s’offre à nous sous les apparences du pain et du vin, que la vie humaine atteint sa plénitude : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour.»
Christ, tu es le chemin qui conduit au Père (cf. Jn 14, 6) ! Tu nous guides chaque jour sur notre chemin vers notre patrie céleste.
Par ta présence sacramentelle, tu nous donnes un avant-goût de la joie de participer pleinement et définitivement à la vie du Père au banquet éternel.
Dans le sacrement de ton Corps et de ton Sang, « nous recevons le gage de la gloire à venir ». Reste avec nous ! Marche avec nous aujourd’hui et toujours ! Amen.
(Homélie du 2 juin 1996)