2e dimanche de carême 2026
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (17, 1-9)
En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : «Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.
En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »
Le mot du père Vincent Cabanac, curé de la paroisse Saint Augustin de l’aqueduc
LE TRIPLE EFFET
Dans le récit de la Transfiguration chez Matthieu, Jésus se met à l’écart et s’élève sur « une haute montagne » mais il n’est pas seul. Trois disciples l’accompagnent, témoins de cet événement fondateur qui advient après trois phénomènes successifs. Tout d’abord le visage du Christ resplendit et ses vêtements sont immaculés puis alors que Moïse et Elie apparaissent et s’entretiennent avec Jésus, une nuée lumineuse les recouvrent. Trois éclairages avant d’entendre une voix céleste qui confirme l’identité du Christ : « Celui-ci est mon fils bien-aimé ! » (Mt 17, 5)…
Il ne s’agit pas des lumières artificielles ou virtuelles auxquelles Jésus a été exposé par le diable dans les tentations. Non ! Dans la simplicité et la puissance divine, la transfiguration de Jésus révèle qui il est et quelle est sa mission : « Celui qu’il m’a plus de choisir. Ecoutez-le ! » (Mt 17, 5). Et nous savons qu’il est facile de se laisser distraire, même Pierre y succombe en se souciant d’abord de dresser trois tentes. Attitude que commente saint Augustin, « Le Christ est la parole de Dieu, la Parole de Dieu dans la loi, la Parole de Dieu dans les prophètes. Pourquoi, Pierre, chercher à la diviser ? Cherche plutôt à t’unir à elle » (Sermon 78).
Les apôtres présents n’ont pas seulement fait un aller-retour du bas au sommet de la haute montagne. Le vrai visage du Christ leur a été montré éblouissant, lumineux, irradié par la puissance de Dieu, fils bien-aimé du Père. Ils auraient dû crier cette extraordinaire nouvelle. Mais par une injonction de Jésus, ils gardent le secret jusqu’à la résurrection.
Après être montés et redescendus avec Jésus, ils poursuivent leur chemin de foi. C’est sans doute le même mouvement qu’il nous faut suivre. Nous connaissons des hauts et des bas dans notre vie, mais le vrai défi réside dans la constante attention à la parole de Dieu puisqu’il nous demande d’écouter Jésus dans la prière, dans l’attention aux pauvres et dans notre seul attachement au Christ.
P. Vincent Cabanac, aa, curé
la transfiguration

Le Seigneur découvre sa gloire devant les témoins qu’il a choisis, et il éclaire d’une telle splendeur cette forme corporelle qu’il a en commun avec les autres hommes que son visage a l’éclat du soleil et que ses vêtements sont aussi blancs que la neige.
Mais il ne prévoyait pas moins de fonder l’espérance de l’Église, en faisant découvrir à tout le corps du Christ quelle transformation lui serait accordée; ses membres se promettraient de partager l’honneur qui avait resplendi dans leur chef
Les écrits de l’une et l’autre Alliance, en effet, se garantissent. mutuellement; celui que les signes: préfiguratifs avaient promis sous le voile des mystères, est montré comme manifeste et évident par la splendeur de sa gloire présente. Comme l’a dit saint jean, en effet : « Après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ ». En lui s’est accomplie la promesse des figures prophétiques comme la valeur des préceptes de la Loi, puisque sa présence enseigne la vérité de la prophétie, et que sa grâce rend praticables les commandements.
Que la foi de tous s’affermisse avec la prédication de l’Évangile, et que personne n’ait honte de la croix du Christ, par laquelle le monde a été racheté. Que personne donc ne craigne de souffrir pour la justice, ni ne mette en doute la récompense promise ; car c’est par le labeur qu’on parvient au repos, par la mort qu’on parvient à la vie. Puisque le Christ a accepté toute la faiblesse de notre pauvreté, si nous persévérons à le confesser et à l’aimer, nous sommes vainqueurs de ce qu’il a vaincu et nous recevons ce qu’il a promis. Qu’il s’agisse de pratiquer les commandements ou de supporter l’adversité, la voix du Père que nous avons entendue tout à l’heure doit retentir sans cesse à nos oreilles : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis tout mon amour ; écoute -le ! »
Saint Léon le Grand, sermon pour 2e dimanche de catie